« Pattes de lions et têtes de rois » : exposition à la Bibliothèque royale de Belgique

La Monnaie royale transfère sa collection d’outils issus des ateliers monétaires au Cabinet des Médailles

Vendredi 8 avril 2016 — La Monnaie royale a légué son impressionnante collection de plus de 6.000 objets à la Bibliothèque royale de Belgique. Une partie de cette collection (des monnaies et des coins) est exposée dans la Salle de lecture générale de la Bibliothèque à partir du 22 avril prochain. Vous y découvrirez la production de monnaies et de médailles en Belgique, du XVIIe siècle à nos jours.

La collection

La Monnaie royale a rassemblé les outils monétaires qui ont été conservés des anciens ateliers monétaires des Pays-Bas méridionaux, et plus particulièrement Bruxelles et Anvers. Cela représente près de 6.000 coins représentant des effigies de rois, des lions, des armoiries, des scènes de guerre, des prisons ou cathédrales de nos contrées, etc.

L’outillage en question permettait de produire des monnaies et des médailles commémoratives. La collection comprend surtout des outils des XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

“Les plus anciennes monnaies frappées à Bruxelles remontent au XIe siècle, mais les coins employés à cette époque n’ont pas été conservés car, en raison de son coût élevé, le métal était réutilisé. Les outils les plus anciens qui nous soient parvenus datent du XVIIe siècle.”

Johan van Heesch, conservateur du Cabinet des Médailles

Il appartient désormais au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque royale, les « archives monétaires » de la Belgique, de conserver et d’étudier cette collection.

International

Les pièces les plus récentes de la collection sont les coins ayant servi à la frappe des francs belges (2001). L'atelier monétaire de Bruxelles produisait également des monnaies pour de nombreux autres États, notamment d’Afrique et d’Asie. Ces coins font désormais aussi partie de la collection de la Bibliothèque royale de Belgique.

Comment était fabriquée une monnaie ?

Près de 7 millions d’exemplaires des monnaies de cuivre de Marie-Thérèse ont été frappés à Anvers, entre 1749 et 1752. Les ateliers monétaires devaient dès lors faire preuve d’inventivité pour assurer une production aussi impressionnante.

Pour pouvoir produire des monnaies à grande échelle, les monnayeurs fabriquaient de petits « poinçons » grâce auxquels ils pouvaient composer différentes matrices. Ainsi, pour obtenir un lion héraldique, ils réalisaient de petits poinçons respectivement pour les pattes, le corps et la tête du lion. À l’aide de ces petits outils en relief, frappés dans un bloc d’acier, on pouvait composer petit à petit le motif en creux jusqu’à ce que le coin soit complet.

Dans l’exposition, les coins employés pour fabriquer les différentes monnaies sont placés à côté du résultat final.

Infos pratiques

Pattes de lions et têtes de rois. Redécouverte des anciens ateliers monétaires.

22 avril - 10 septembre 2016

Bibliothèque royale de Belgique

Salle de lecture générale

Accès gratuit (se présenter à l’entrée de la salle de lecture)

Théodore van Berckel, poinçon de 1776 à l’effigie du comte Gundakar-Thomas de Starhemberg. Fabriqué à titre d’essai pour l’obtention du poste de graveur principal à l’atelier monétaire à l’époque autrichienne. Sur le flanc sont représentés le briquet bourguignon, une fleur et le chiffre 2, se référant au candidat numéro 2 au poste de graveur à la Monnaie.
Théodore van Berckel, médaille de récompense et poinçon pour la médaille de récompense de l’Académie des Beaux-Arts (1778).
Philippe IV (1621-1665), florin d’argent de Bruxelles et petit poinçon représentant une patte de lion et une épée.
Pattes de lions et têtes de rois : petits poinçons pour la fabrication de coins sous le règne de Philippe IV (1621-1665).

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